vacances en famille à la Casita Nazareth

Vacances en famille à la Casita Nazareth : le témoignage d’Aurélie!

11 mars 2018, 17h15. Embarquement pour l’Espagne, Elche.

Itinéraire de vacances annoncées.

Je l’avais pourtant bien dit: «Cette année, on ne part pas!».

3 soeurs sous l'olivier

Ha ça, non ! Avec la naissance d’un petit sixème fin 2017, un CEB en juin, un test des 10 ans entre temps et des finances qui font triste mine, l’heure n’est pas aux projets de voyages. C’est dommage… Le voyage offre des possibilités incroyables d’apprendre et de vivre ensemble.

Et nous, on adore ça. Apprendre et vivre ensemble, vivre ensemble pour apprendre.

vacances en famille à la Casita Nazareth

Mais depuis quelque temps, il semble urgent d’apprendre ensemble à vivre, mieux vivre, notre fabuleux destin : l’instruction en famille.

 

Et deux parents, deux ! Qui flirtent avec l’épuisement. Une fatigue colossale qui puise sa force dans la gestion d’une maison digne du mythe de Sisyphe, un statut professionnel d’indépendant à construire, une organisation du quotidien à réinventer sans cesse, les nuits soldées comme un H&M en plein mois de juillet, un service clientèle spécialisé dans le traitement des réclamations «J’aime pas les lentilles !», «C’est pas juste, j’ai déjà mis la table ce matin !», «Mais pourquoi tu veux pas que je colore mes cheveux en rose?? Trop nul.»… Une fatigue colossale qui trouve aussi eau vive dans la multitude de questionnements que nous renvoie, sans détour, notre projet d’apprentissage en famille.

Et six enfants, six ! Qui réclament confiance et cohérence, amour et joie aussi. Un équilibre serein sur lequel nous parions et dont la mise « all in », repose sur notre valeur primordiale, la liberté. Du moins, nous y aspirons.

Vivre et apprendre en liberté.

La liberté d’être soi, d’être avec les autres ou seul, la liberté de ses intérêts intellectuels, artistiques, la liberté d’apprendre ou pas, la liberté de dire non, celle de prendre son temps, d’avoir ses rythmes, celle de rêver pour mieux grandir, de flâner pour mieux se connaître et prendre chaque jour la pleine responsabilité de sa propre liberté. Mais quel pari, dans une Belgique qui s’assure tous les 2 ans que ce programme là ne se fasse pas au détriment de fameux « socles de compétences » !

Et dans la vraie vie de tous les jours, même guidés par nos idéaux, nous sommes tellement déstabilisés quand les enfants jouent des heures, végètent sur le radiateur, soufflent à nos propositions de sorties, refusent, s’opposent, esquivent nos tentatives d’apprentissages forcés. Est-qu’on fait bien ? Et si leur cerveau s’atrophiait pendant la nuit ? Jusqu’où faut il les stimuler ? Dormeuse sur radiateur, est-ce qu’on peut en faire un métier??

Respire, Aurélie, respire. Ils vont bien.

Un soir de décembre, mon tout petit blotti dans les bras, les yeux fixés sur ce soleil qui ne se lèvera pas pendant 3 mois, j’appelle Joëlle. Cinq filles, un fils, comme moi. Onze années d’expérience dans l’instruction en famille en Belgique, pas comme moi.

Aujourd’hui, libres, en Espagne, sous l’Olivier…

Elle me rassure, me berce presque, en me rappelant l’essentiel quand tout est de trop : « Contemple, lâche- prise… fais des biscuits de Noël avec tes enfants!»

Biscuits de Noël…socles de compétences… contemplation… inspection… lâcher-prise.. Je sens que je lutte, coeur contre tête, à contre-coeur, je m’entête et m’enfonce dans mes peurs, celles des autres aussi, les « je-dois-il-faut », Sisyphe, le bureau des réclamations, …

Stop ! De l’aide.

biscuits de Noël Sous l'Olivier
Casita Nazareth sculptures de sable

Patience, elle vient . Un mail de Joëlle. Une belle proposition : des ateliers sur les 5 Grandes Histoires de Maria Montessori, utilisées comme outil, un fil conducteur des apprentissages pour l’ IEF. Le cycle de cours se donne en Belgique mais peut aussi se prendre chez eux en Espagne. Une formule améliorée qui prend alors la forme d’un coaching de famille… le soleil en prime!

On dit que le cerveau met 7 secondes pour prendre une décision. Le mien s’est contenté de 3. La première pour compter les sous que nous n’avions pas encore, la seconde pour penser que Cédric me dirait d’abord « non » et la troisième pour me souvenir que « celui qui vit sans folie, n’est pas si sage qu’il croit ». Il paraît que je ne le suis pas. Nous partons.

Je suis pleine d’ambition. Quatre petites valises pour huit, les maillots de bains, 4 livres, douze jours pour 5 histoires, ça devrait le faire. Rentabilisons le voyage, gobons les contenus. Et au pas de course, s’il-vous-plait ! Une histoire un jour, le lendemain des visites pour la mise en pratique. Dans ma tête, s’inscrit la cadence.

« Contemple… lâche prise… et régale toi avec les enfants des oranges du jardin… », me souffle Joëlle.

Sous l’Olivier

Premier atelier. On coupe, on colle, on se laisse caresser par le soleil, le vent nous rappelle que nous sommes en mars et bébé babille dans les bras de notre coach, les grands vivent leur temps, pleinement. Je me détends.

Et puis, c’est vrai, les oranges du jardin sont délicieuses !

Et c’est comme ça, d’oranges en citrons, de collages en couleurs, de contemplations en lâcher-prise que nous avons commencé par travailler en fait la 6 ème histoire : la nôtre.

Pendant ces 10 jours, nous avons questionné nos liens et la force que nous leur souhaitions, nos peurs et leurs (non)- fondements, notre intégrité et la cohérence qu’elle réclame. Pendant 10 jours, nous avons été accompagnés avec coeur par toute la famille de Joëlle au travers de discussions bienveillantes, des échanges joyeux et sincères. Une ambiance de partage soutenant, des références philosophiques de tous horizons, de qualité, profondément nourrissants. Une expérience de parents, d’enfants et de famille qui nous a été offerte avec simplicité et ouverture.

joie de vivre en famille à la casita nazareth

La Casita Nazareth

Le tout dans un cadre de vie privilégié, serein, tout confort, où le linge sèche seul au soleil, libérant maman et enfants pour plus de jeux et de nouveaux regards.

Un lieu de vie où chacun donne ce qu’il veut, ce qu’il peut et c’est tellement bien comme ça.

Joëlle, merci pour ta joie et ta confiance inspirante qui te guident avec détermination. Tes enseignements sont de valeur.

Ignace, merci pour la grande gentillesse et tout le soin que tu nous as porté. La sincérité de tes paroles nous a beaucoup touchés.

 

en famille au château de santa barbara

Merci aussi à toi Marie qui nous rappelle par l’exemple que tout est possible, comme de traverser le monde par amour.

Merci Oliviane d’avoir continué ta propre musique en mettant ta sensibilité au service de l’esthétique.

Merci Catherine de nous avoir dévoilé ton talent. Embellir le monde d’un coup de crayon, c’est juste époustouflant.

claire et bébé sous l'olivier

Merci Claire de nous avoir laissé te connaître autrement, attentive aux plus jeunes et si douce avec notre bébé.

Merci Amandine, d’avoir égayé le coeur de Célise en partageant ta liberté au goût d’orangers.

amitiés sous l'olivier
joseph observe les insectes au microscope

Et merci à toi Joseph, de nous avoir montré tout ce qui t’enthousiasme du haut de tes 6 ans et d’avoir sans condition, laisser Capucine et Ciloé s’amuser à tes côtés.

Nous avons beaucoup apprécié cette proximité avec vous tous qui avez toujours respecté avec délicatesse notre espace, nos rythmes, nos besoins, nos envies, nos découvertes, nos doutes, nos tristesses, nos ajustements et nos espoirs.

aurélie et toute la famille à la casita nazareth

25 mars 2018, embarquement pour la suite.

«C’est le propre des longs voyages que d’en ramener tout autre chose que ce qu’on y est allé chercher » (Nicolas Bouvier).

Nous sommes partis pour 5 histoires et sous l’olivier, nous avons trouvé racines.

Avec toute notre amitié,

Aurélie, Cédric, Coline, Charlie, Célise, Capucine, Ciloé et Calian.

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