le tout petit enfant dans les bras de sa maman

Alexander, Montessori, Jésus … un point commun surprenant !

La Providence nous offre quelquefois des rencontres exceptionnelles, qui nous ouvrent de nouvelles perspectives, ou un nouveau regard sur notre chemin. Je viens de passer quelques jours en compagnie d’une famille extraordinaire. Stefanie Mohsennia et son fils Julian sont en effet venus nous rendre visite, et nous ont ouvert, par leurs conversations, leur manière d’être et d’être en relation, de nouveaux horizons que je vais essayer de vous partager en quelques mots, en attendant de trouver le temps de vous en parler plus en détail.

Stefanie Moshennia et la technique Alexander


Stefanie Mohsennia

Stefanie nous a proposé de vivre une séance de la technique Alexander, à laquelle elle s’est formée et qu’elle enseigne. Elle nous a expliqué, en quelques mots, qu’il s’agissait d’étudier le lien entre la pensée et le corps. Puis nous sommes passés à l’action, et nous avons « travaillé » la posture assise. Et ce travail a été pour moi une révélation ! J’ai compris, ressenti qu’il s’agissait plutôt d’un non-travail. La question centrale était : « Comment mettre dans mon geste, dans ma posture, juste l’énergie nécessaire, ni plus ni moins? Comment faire moins d’effort? »

Waw! La perfectionniste en moi trépignait d’impatience à l’idée d’un nouveau challenge ! La journée suivante, me voilà au travail ! Je scrutais mes mouvements, gestes, postures, testant encore et encore comment « mieux » bouger, « mieux » me tenir … Et je me suis retrouvée avec un de ces mal de dos !!! Mais qu’est-ce qui n’allait pas ? J’avais fait tellement d’efforts pour faire moins d’effort ! J’en ai parlé à Stefanie, et nous avons bien ri ! Le perfectionnisme du moindre effort, l’activisme de la non-action ! Que c’est dur de se défaire de ces vieux réflexes !

Retrouver l’abandon détendu du tout-petit dans les bras de sa maman … Voilà le chemin auquel mon corps m’appelait, à travers les exercices proposés par Stefanie … En ce domaine, nos enfants sont nos maîtres, et les contempler, confiants, reliés, sereins m’a toujours remplie d’émotion !

le tout petit enfant dans les bras de sa maman

Pendant que j’expérimentais dans mon corps la nécessité de lâcher prise, des tas de choses se sont ainsi reliées spontanément dans mon esprit et dans mon coeur.

Alexander, unschooling et Montessori …

J’ai beaucoup pensé à mon travail / non-travail de maman, d’éducatrice, de coach … Deschooling, unschooling, lâcher-prise … Et je suis allée relire ces paroles magnifiques de Maria Montessori :

« Les maîtresses élèveront leur esprit dans la contemplation de la vie même qui s’ouvre sous leurs yeux. (…) Au lieu de la parole, apprendre le silence; au lieu d’enseigner, observer; au lieu de se revêtir d’une dignité orgueilleuse qui veut paraître infaillible, se revêtir d’humanité. » (Pédagogie scientifique t.2)

Au lieu de parler, se taire … au lieu d’enseigner, observer … se revêtir d’humanité … Je buvais du petit lait ! Moins de mouvement, moins d’énergie, Maria Montessori rejoint tout à fait ce que je venais d’expérimenter avec Stefanie. Mon appel d’éducatrice est un appel à être bien plus qu’à faire. Quelle énergie nous gaspillons le plus souvent en nous obstinant à vouloir agir sur les enfants comme s’ils étaient des objets que nous devons former, façonner, transformer, alors que le moteur de la transformation est en eux, alors qu’ils sont le sujet de leur vie, de leur histoire, de leur être ! Je continue avec Maria Montessori, qui décidément, était une prophète de l’éducation :

« Le nourrisson se « prépare à marcher » en restant toujours étendu et en dormant de longs sommeils tranquilles. Il aide à sa dentition en suçant. L’oiseau ne se prépare pas au vol, en volant, mais en restant immobile dans son nid bien chaud, où il est pourvu à sa nutrition. Les préparations de la vie sont indirectes. L’attente du phénomène de la nature qui est le vol magistral de l’oiseau, la férocité du fauve, le chant du rossignol, la beauté des teintes variées des ailes d’un papillon, se prépare dans les mystères d’un nid, d’une tanière, ou dans l’intimité immobile d’un cocon. La nature omnipotente demande seulement le calme pour la créature en formation. Le reste, elle le lui donne. L’esprit de l’enfant doit lui aussi trouver le nid chaud où sa nutrition est assurée. Notre devoir est d’attendre les manifestations de son développement. (…), le développement des forces latentes de l’homme, développement aussi complet que possible et par le minimum d’effort. » (Pédagogie scientifique t.2)

Mon devoir est d’attendre patiemment les manifestations du développement de l’enfant ! Le minimum d’effort ! Tout se tient, et j’entrevois une ligne de conduite harmonieuse, et applicable à tous les aspects de ma vie, de notre vie ! Et cette ligne de conduite, c’est la loi du moindre effort ! Quoi ? Quelle paresseuse ! Ne rien faire ! La petite voix en moi se réveille, celle de l’injonction tant entendue, fais quelque chose ! Qu’est-ce que tu fais ? Tu n’as rien fait ! Tout en moi est programmé pour faire, faire plus , faire mieux, se bouger … Et voilà que le chemin de l’éducation, de l’épanouissement, du bonheur serait justement à chercher dans la direction opposée! Serait-ce là le fameux « deschooling ourselves » ?

… et Jésus !

Du corps à la tête, de la tête au coeur, cette dernière citation de Maria Montessori me conduit à ouvrir ma Bible et voici ce que j’y lis :

« Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas plus qu’eux ? Qui d’entre vous d’ailleurs peut, en s’en inquiétant, ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie ? Et du vêtement, pourquoi vous inquiéter ? Observez les lis des champs, comme ils poussent : ils ne peinent ni ne filent. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Que si Dieu habille de la sorte l’herbe des champs, qui est aujourd’hui et demain sera jetée au four, ne fera-t-il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi » (Mathieu 6, 26-30).

Comment vous dire ? Je suis juste émerveillée ! La clé est là, pour moi. Je peux lâcher, je peux cesser de porter tout, ma vie, mon corps, mes enfants, leur vie … Je peux cesser de mettre un maximum d’énergie, je peux me poser dans le nid chaud qui me convient à moi, et puis, tisser tranquillement le nid pour ceux que j’aime. Tranquillement, parce que je ne suis pas responsable de diriger leur vie, leur éducation. Ils sont dans la main du Très-Haut. Je l’appelle Dieu, d’autres parleront d’Intelligence Universelle, d’Amour Universel. Il a mis en eux un trésor, leur nom secret, leur être et leur mission. Cette semence est là. Elle germera, elle grandira, et ce qu’elle deviendra est unique et mystérieux, et me dépasse totalement. Mais Lui sait, et veille au grain. Et je peux me contenter d’être chaque jour un peu plus la meilleure version de moi-même, imparfaite, en chemin, et me « revêtir d’humanité », me mettre à leur service tout simplement, au service de la vie en eux.

Merci Stefanie, notre rencontre a semé en moi des graines de paix et d’espérance, et m’a ouvert un horizon plus large, une vision plus fluide de tout ce qui se tisse dans ma vie d’éducatrice, de mère, de femme. Plus de vie, et moins d’effort ! Une belle maxime pour mon année 2018 😉

unschooling - voyez les oiseaux

photo credit: Corine Bliek <a href= »http://www.flickr.com/photos/147485441@N04/38128221385″>Robin</a> via <a href= »http://photopin.com »>photopin</a> <a href= »https://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/ »>(license)</a>

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